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Ligue des champions - Napoli - Ajax Amsterdam : A Naples, les coulisses d'un début de saison fou
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Publié 12/10/2022 à 00:23 GMT+2
LIGUE DES CHAMPIONS - Surtout, ne les réveillez pas. Auteur d'un début de saison quasi parfait, le Napoli continue de faire rêver ses tifosi, qui ont vécu deux soirées européennes mémorables face à Liverpool (4-1) et l'Ajax Amsterdam (1-6). Également en tête du championnat italien, les joueurs de Luciano Spalletti peuvent décrocher leur qualification en 8e de finale de C1 dès ce mercredi.
Les secrets de la folie Napoli
Video credit: Eurosport
Et dire que l'Ajax l'avait joué fair-play. A quelques heures du choc face au Napoli, mardi, le club néerlandais avait décidé de rendre hommage aux légendes des deux clubs : Diego Maradona et Johan Cruyff. Dans un dessin publié sur les réseaux sociaux, on pouvait ainsi voir l'Argentin et le Néerlandais représentés côte à côte devant une télévision diffusant la Ligue des champions depuis l'au-delà. Un bel hommage qui n'a pas vraiment calmé la tornade napolitaine venue déferler sur la Johan Cruyff Arena. En l'espace d'une soirée, la bande à Luciano Spalletti a éparpillé celle d'Alfred Schreuder, qui a encaissé sa plus lourde défaite (1-6) depuis novembre 1964 et un revers contre Feyenoord (9-4) en Eurodevisie. De quoi donner un ordre d'idée de la performance réalisée par les Parthénopéens, qui ont inscrit un total de 10 buts lors des trois premières journées de C1, du jamais-vu pour un club italien. Le tout contre Liverpool (4-1), les Rangers (0-3) et donc l'Ajax. Pas vraiment les premiers venus.
En Italie, le refrain est le même. En neuf journées, le bilan comptable affiche sept victoires et deux nuls, une place de leader en solitaire et déjà huit points d'avance sur une équipe comme l'Inter Milan (7e) ou encore dix sur la Juventus (9e). Un écart déjà conséquent. Mais à Naples, une ville qui vit généralement au rythme de ses émotions, on essaie de garder les pieds sur terre tant bien que mal. Comment ? En prenant l'exemple du début de la dernière saison, ponctué par huit victoires consécutives en championnat. Luciano Spalletti, lui, est également réputé pour toujours démarrer en trombe avant de perdre le fil au cours de la saison. Reste que son équipe, pour l'instant, impressionne l'Europe entière. Presque personne n'aurait pu imaginer ça l'été dernier.
Un mercato critiqué, puis...
Déçu de l'épilogue de l'exercice précédent, pourtant conclu par une troisième place après le rêve envolé du scudetto, le peuple napolitain a vu partir plusieurs de ses cadres. De Dries Mertens à Lorenzo Insigne (270 buts à eux deux), de David Ospina à Kalidou Koulibaly en passant par Fabian Ruiz... Aurelio De Laurentiis, le président, et Cristiano Giuntoli, le directeur sportif, ont subi un torrent de critiques, accusés de manquer d'ambition et de démanteler totalement une équipe. Droits dans leurs bottes, ils ont continué leur boulot sans broncher. Avant d'accélérer en recrutant Kim Min-jae (Fenerbahçe), Giacomo Raspadori (Sassuolo), Giovanni Simeone (Hellas Vérone) ou encore Tanguy Ndombélé (Tottenham), sans oublier le transfert au début de l'été de Khvicha Kvaratskhelia, LA révélation de ce début de saison en Italie, et le rachat de Frank Zambo Anguissa, taulier du milieu aux côtés du toujours plus surprenant Stanislav Lobotka et l'irrésistible Piotr Zielinski.
Derrière ces choix stratégiques estivaux, une politique claire et annoncée. "Celle de baisser notre masse salariale et rentrer dans un cercle vertueux, un projet plus économique mais avec plus d'idées", déclarait Aurelio De Laurentiis courant juillet. Mission réussie si l'on regarde de plus près les chiffres, dévoilés dans les colonnes du quotidien Il Mattino fin août. Voici l'évolution de la masse salariale du club depuis 2016 :
Interrogé par le Corriere dello Sport le 9 septembre dernier, Cristiano Giuntoli en avait profité pour comparer les salaires de Lorenzo Insigne, parti au Canada du côté de Toronto, et son remplaçant Khvicha Kvaratskhelia. "Il touche un salaire net de 1,2M, soit 1,7 en brut. Insigne, c'était un salaire net de 4,5M et 9 en brut", confiait-il au quotidien transalpin, symbolisant le virage pris par le Napoli cet été. "L'AC Milan a gagné le titre avec une masse salariale inférieure à la nôtre de 40 millions d'euros", rappelait quant à lui "ADL".
Spalletti, la mainmise sur un vestiaire plus homogène
Bien évidemment consulté par ses dirigeants en vue de ce "nouveau" projet, Luciano Spalletti n'a pas tardé à donner son aval. Même si lui assure "avoir voulu garder Mertens", parti en fin de contrat "après avoir refusé une offre du club", le technicien toscan n'est pas malheureux d'avoir retrouvé un vestiaire sans véritables leaders, ce qui comporte de devoir gérer un certain nombre de caractères, d'humeurs et d'ego. Lui aime avoir la mainmise sur son groupe. Dans son passé récent, plusieurs exemples vont dans ce sens. Lors de son deuxième passage à l'AS Rome, l'histoire ne s'était pas vraiment bien terminée avec Francesco Totti, capitaine et légende du club et envoyé à la retraite. Puis à l'Inter Milan, lorsqu'il a décidé, en accord avec sa direction, de destituer Mauro Icardi du capitanat face à certaines déclarations de son entourage.
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Luciano Spalletti
Crédit: Getty Images
"Hommes faibles, destins faibles. Hommes forts, destins forts. Il n'y a pas d'autres issues", avait déclaré Luciano Spalletti lors de son deuxième passage à la Roma. C'est le mantra du natif de Certaldo, qui rêve toujours de remporter son premier "tricolore" après l'avoir effleuré à plusieurs reprises dans sa carrière. Sa personnalité et son caractère peuvent diviser, certes, mais ses équipes ont toujours cette capacité à pratiquer un football plaisant. Il possède également celle de toujours faire progresser ses joueurs. Bien que chamboulé, son onze joue aujourd'hui avec des automatismes presque étonnants. Le Napoli est actuellement un train à grande vitesse que personne n'a encore su arrêter. Et tous les nouveaux arrivants ont fait oublier ceux qui ont préféré en descendre.
Kim Min-jae a parfaitement remplacé Kalidou Koulibaly, Giacomo Raspadori (4 buts) et Giovanni Simeone (3 buts) ont su pallier l'absence de Victor Osimhen (blessé), alors que Khvicha Kvaratskhelia (6 buts) laisse sans voix. Sur le départ en août, Alex Meret, lui, a su convaincre au poste de gardien malgré les rumeurs autour de l'arrivée, finalement avortée, de Keylor Navas. Il a même prolongé son contrat la semaine dernière.
De l'autre côté des Alpes, tous les observateurs se montrent dithyrambiques avec le club napolitain, qui enthousiasme par sa manière de jouer, de marquer et de gagner. Mardi dernier, alors qu'il commentait la rencontre pour Sky Italia, le célèbre journaliste Fabio Caressa s'est même mis à hurler au moment du quatrième but inscrit par Giacomo Raspadori : "Je veux payer mon billet aussi !". "Cette équipe est impressionnante et pratique un jeu exceptionnel", confiait dans la foulée son compère Giuseppe Bergomi, ancien grand défenseur du Calcio.
Avec treize buts, Naples est la meilleure attaque de la première moitié de la phase de poules devant Manchester City (11) et le Bayern Munich (9). C'est aussi l'équipe qui a tiré le plus au but (69 fois) devant City (66) et Liverpool (63), selon l'UEFA.
"J'ai vu le Napoli face à l'Ajax et je suis resté impressionné, a reconnu Pavel Nedved, vice-président de la Juventus, à Sky Italia. Ils ont fait un grand match. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est leur façon de jouer." "Je ne m'attendais pas à les avoir à un tel niveau, a quant à lui constaté Kalidou Koulibaly, désormais à Chelsea. Ils jouent vraiment bien et je suis content pour eux. Ils n'ont plus besoin de moi et cela me fait plaisir (...) Je ne vais rien dire pour la suite de la saison, parce que je sais qu'ils sont tous très superstitieux à Naples." On hésiterait presque à écrire que leur équipe peut se qualifier pour les huitièmes de finale de C1 dès ce mercredi soir...
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